Le Bulletin Officiel du 2 juillet 2026 a confirmé une orientation profondément préoccupante du ministère : renforcer une logique d’ordre, de contrôle et de mise au pas de l’École. Le ministre a annoncé une cérémonie commémorative annuelle obligatoire d’hommage aux « Morts pour la France » dans chaque école élémentaire, collège et lycée à compter de la rentrée 2026 autour du 11 novembre. Les initiatives et hommages existaient déjà, mais sur la base duvolontariat.
Le ministre a annoncé une cérémonie commémorative annuelle obligatoire d’hommage aux « Morts pour la France » dans chaque école élémentaire, collège et lycée à compter de la rentrée 2026 autour du 11 novembre. Les initiatives et hommages existaient déjà, mais sur la base du volontariat.
La portée mémorielle de cette date est bien évidemment déjà abordée en classe, en Histoire ou encore en EMC. Mais c’est sous l’angle de l’analyse historique, et non pas dans une visée politique et nationaliste, qui ne questionne pas les nombreux refus de la guerre, les fusillés pour exemple et encore moins les morts causés par l’armée française pour maintenir sa domination coloniale.
Pour la CGT Éduc’action, cette mesure, comme la multiplication des classes de défense, relève d’une vision autoritaire et militarisée de l’École. L’établissement scolaire n’a pas vocation à devenir un espace de discipline imposée ni un relais de la communication nationaliste du ministère. Au-delà de cette mesure qui va augmenter les missions des directeur·rices d’école et chef.fes d’établissement, l’École doit rester un lieu d’émancipation, d’esprit critique, de travail collectif et d’éducation, pas un terrain de mise en place de mesures symboliques imposées d’en haut.
Les demandes concernant le 11 novembre entrent dans une logique de militarisation de l’école, dans la lignée des classes défense, dispositif le plus répandu. Celles-ci sont passées de 380 en 2021 à 780 en 2023. Elles dépassent aujourd’hui 1 200, pour plus de 32 000 élèves concernés sur l’ensemble du territoire. Dans le même temps, cela s’accompagne d’une normalisation de la présence militaire dans certains établissements, au-delà des seules classes concernées.
À ces classes s’ajoutent d’autres dispositifs comme les Cadets de la défense ou de la gendarmerie à destination des collégiens et lycéens avec une immersion dans le monde militaire pouvant déboucher sur un engagement dans la réserve ; des stages d’observation au sein de l’armée de Terre ; des « rallyes citoyens » et parfois ces dérives comme dans un lycée professionnel du Val de Marne lors d’un atelier intitulé : « Vis ma vie de détenu ». Pompes, utilisation de faux Famas, coup de matraque et de poing dans des boucliers portés par les élèves.
Nous refusons que ces dérives deviennent la norme et de rentrer dans le jeu militariste du gouvernement ! Il faut refuser que le 11 novembre devienne un nouveau tremplin de l’armée dans les établissements.
Les urgences sont ailleurs ! Le mouvement lycéen est une réponse à cette volonté de militarisation, dans les pancartes et les revendications : dans le bâti scolaire inadapté ou non-rénové, le non-remplacement d’enseignants, le manque d’AESH et d’autres personnels, les fermetures de classe en primaire. Le budget de l’armée explose tandis que celui de l’Éducation ne répond pas aux besoins : entre 3,5 et 5 milliards d’euros ont été pris sur le budget de l’Éducation Nationale pour financer le SNU.
Refusons cette marche au pas militariste !
La Commission Exécutive élargie de la CGT Educ’action 31—9 octobre 2026
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