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Madame la Rectrice, vous vous honoreriez de vous former au dialogue social.

Réponse à Madame la Rectrice

suite à l'audience intersyndicale du 1er juillet 2015.

 

Madame la Rectrice,

En conclusion de l'audience intersyndicale du mercredi 1er juillet, notre représentant CGT Educ'action 31 vous interrogeait, vous Madame la rectrice et Monsieur l'Inspecteur d'Académie, sur l'annulation annoncée aux médias, mais finalement refusée, de la sanction disciplinaire infligée à notre collègue accusée à tort de menaces envers son principal. Vous vous êtes alors retournée vers le représentant de la CGT, lui assénant :

« Votre syndicat s'honorerait à ne pas défendre ce genre de situation ! ».

Madame la Rectrice, d'une part, nous nous honorons de défendre notre camarade et collègue, dont la probité et le professionnalisme sont reconnus par tous, y compris par les corps d'inspection du Rectorat de Toulouse.

D'autre part, nous nous honorons en tant que syndicat représentant des salariés de défendre nos collègues victimes du harcèlement, de l'incompétence et de la mauvaise foi de leurs supérieurs hiérarchiques. Nous nous honorons de défendre les droits d'expression des travailleurs, tant dans le cadre de leur vie privée, que dans le cadre de mouvements sociaux, surtout quand ceux-ci ont pour ambition de lutter contre les inégalités socio-scolaires et d'exiger des conditions d'étude équitables pour les élèves les plus défavorisés de la population.

Dans le conflit social qui a opposé depuis huit mois l'administration locale, l'Inspection académique et le Rectorat de Toulouse aux personnels du collège Bellefontaine et les oppose encore, vous auriez pu choisir :

  • de recevoir les organisations syndicales dès le début de la crise plutôt que d'attendre 7 mois et de ne vous décider à les recevoir que pour leur demander de faire pression sur la collègue en grève de la faim ;

  • d'écouter attentivement les revendications des collègues lors de votre unique rencontre avec eux le 18 décembre dernier ;

  • de recevoir les collègues que vous considérez comme fautifs, dès la prise de connaissance de ces « fautes » au lieu d'attendre le mois de juin pour prendre des décisions arbitraires à leur encontre sans leur avoir laissé un instant la parole pour qu'ils puissent s'expliquer ou se défendre ;

  • de ne pas malmener une collègue pendant quatre mois en faisant traîner les procédures entamées à son encontre, sur des griefs finalement invalidés en commission disciplinaire, après avoir été classés sans suite par la Justice ;

  • de ne pas mettre en place une médiation fictive, ayant pour mission de produire des rapports à charge contre les collègues au lieu de favoriser le dialogue ;

  • de ne pas inciter ou soutenir une chasse aux sorcières en permettant une classification des collègues en fonction de critères pseudo-sociologiques, mais surtout politiques : « meneurs », « suiveurs » et « victimes » du mouvement social ;

  • de ne pas soutenir jusqu'au bout les affirmations fausses, voire mensongères d'un Principal au point de s'y appuyer pour initier des procédures disciplinaires infondées ;

  • de prendre la distance nécessaire face aux pressions de parents d'élèves qui confondent parfois ambitions personnelles et défense du service public : la réponse aux injonctions parentales ne fait pas une politique républicaine et démocratique, une politique du bien commun choisie par les représentants de la nation ;

  • de prendre conscience des conditions de travail des salariés dont vous avez la charge et de leur souffrance au travail ;

  • de faire appel aux médiateurs officiels de l'Académie de Toulouse ou à la médiatrice ministérielle ;

  • de dépêcher un Principal Vie scolaire dès l'alerte intersyndicale lancée au mois de janvier au lieu de l'imposer à la nouvelle Principale le 3 juillet, dans une décision aussi soudaine qu'unilatérale ;

  • de ne pas prétendre que les collègues du collège Bellefontaine et de l'Académie ne sont pas solidaires de leur collègue en grève de la faim, quand vous semblez ignorer que la mobilisation quotidienne et l'indignation provoquée chez l'ensemble des collègues de l'Académie par les attitudes des autorités hiérarchiques, ne cessent de croître.

Madame la Rectrice, vous menez une multitude d'« expérimentations » dans l'Académie de Toulouse qui suscitent angoisse et opposition dans les établissements scolaires.

Avant de poursuivre ces expérimentations, vous vous honoreriez, Madame la Rectrice, de trouver avec Monsieur l'Inspecteur d'Académie, la voie du dialogue social.

Les personnels de l’Éducation nationale, par leur pratique quotidienne, sont des professionnel-les de leur métier et connaissent bien l'état de la société française. Ils ne sont pas eux-mêmes des enfants : leur émancipation est accomplie ; leur parler comme à des adultes, citoyens et fonctionnaires de l'état, au service public de l’Éducation nationale, serait un préalable indispensable avant d'envisager toute « innovation » ou « expérimentation ».

Soyez assurée, Madame la Rectrice, de notre plus grand dévouement au service public de l’Éducation nationale et de notre plus grande attention aux conditions de travail de tous les personnels éducatifs et administratifs de l'ensemble des établissements de l’Éducation nationale.

La CGT Educ'action 31 et l'URSEN CGT Educ'action Midi-Pyrénées.

Lisez et diffusez cette réponse à la Rectrice.

 

Tag(s) : #Communiqués de Presse, #Actualités-actions Education